16 décembre 2007

300

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300 ou la disparition progressive de l'esprit critique.


NB : Avant de dire quoi que ce soit, je précise que je considèrerai ici, le film comme à part entière du livre dont il est adapté, ne l'ayant pas lu. Après tout on choisit le livre que l'on adapte et on choisit de le suivre ou non. J'incombe donc ici la responsabilité de ce film à ses auteurs et non à Frank Miller. Et autre chose: il ne s'agit que d'un avis, un point de vue, n'hésiter pas à le contredire en argumentant.

      S'il y a quelque chose de frappant avec les blockbusters de ces dernières années c'est l'indulgence du regard que l'on a envers eux. Il se trouve que l'on est moins difficile envers eux qu'avec un film d'un autre type. Comme si un film à but commercial devait être salué s'il remplissait simplement son cahier de charges! Comme si un film de bonne facture devait être applaudi malgré l'absence d'ambition.  Mais après tout la tendance, même si particulièrement énervante, ne serait pas trop grave si elle n'entraînait pas un autre phénomène : un affaiblissement de l'esprit critique. Car en plus d'une certaine indulgence, on "laisse son cerveau à l'entrée". Ce n'est pas intellectuel, on ne réfléchit plus. On admire les qualités techniques. C'est une disparition de l'esprit critique. Parce que c'est stupide, il n'y aurait plus besoin de penser. Et c'est là que se situe toute l'erreur : il ne faut jamais arrêter de faire fonctionner ses neurones. C'est pourtant ce qui a été fait avec 300 de Zack Znyder.

      Avant d'attaquer le vif une petite question, un brin démago : "Comment tant de de gens ont-ils pu apprécier un film fasciste et manichéens avec des types bodybuildés retouchés par ordinateur?"
Car oui, 300 est un film fasciste. Observez : le film se place du côté des "gentils" (si je puis dire), les glorifie. Il répondent tous à des critères de beauté, de race.
Stop me direz vous! La société spartiate procédait à la pratique de l'eugénisme, c'est tout à fait normal qu'ils répondent à certains critères ces gens-là.
D'accord, mais le film est d'un condescendance époustouflante, le réalisateur prend un véritable plaisir à filmer ça. Pas le moindre avis, juste du plaisir: "c'est cool et en plus les acteurs sont trop beaaauuux". Znyder cautionne cette pratique et en quelque sorte la glorifie. Je ne plaisante pas : à aucun un moment la société spartiate n'est décriée. De plus, 300 est historiquement incorrect mais ne nous épargne pas la scène du bébé jeté, car non conforme. Applaudir la société spartiate en omettant certains détails horribles est une chose, mais l'applaudir tout en conservant  en est une autre, bien plus terrible.

      On notera également que les ennemis n'ont pas été gâtés par dame nature, contrairement à nos amis les spartiates.  Ennemis qui seront décriés tout le long du film. C'est d'un manichéisme primaire hallucinant! Résumons: on a d'un côté les beaux spartiates, musclés, glorifiés, sélectionnés à leur naissance par certains critères et de l'autre côté, les Perses, vilains et animés par de mauvaises intentions. Personnellement ça me rappelle les thèses d'un petit moustachu, un certain Adolf, vous connaissez?
Attention! Je ne nie pas que cela se passait comme ça à l'époque, bien au contraire (entendre par là le système spartiate)! Mais aucun jugement à l'égard de cette société n'ai donné, ce qui aurait déjà été la moindre des choses, mais de plus, tout est filmé avec grand plaisir, sans aucun second degré! On ressent toute l'admiration qu'éprouve le réalisateur face à cette société. 

        Ne parlons même pas de la glorification de l'armée, elle est inhérente à de nombreux autres films.

         Et avec tout cela, les effets spéciaux à outrance, supprimant toute notion artistique, les nombreux ralentis superflus, etc... Sinon que dire? Tout cela est bien construit et regardable mais complètement détestable.

C'est de la propagande avec 2500 ans de retard ou (espérons que non) quelques années d'avance.


Et en guise d'amuse-gueule, le résumé d'Allociné. Je ne sais pas qui en est le responsable mais je ne le félicité pas:

Adapté du roman graphique de Frank Miller, 300 est un récit épique de la Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.


 

Posté par Twisted Nerve à 17:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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